Des images aux mots… et des mots à la scène

27 septembre 2026

Nous avions laissé la FD 46 avec Michel, ses photographies et tous ces petits textes qu’elles avaient fait naître.

Mais à la Trans’Occitane, Anglars avait encore d’autres histoires à raconter.

Cette fois, elles venaient directement de la mémoire de ses habitants. Des souvenirs de celles et ceux qui avaient vécu dans le village dans les années 50, recueillis et rassemblés dans un ouvrage.

Et ces histoires-là, Léa allait leur redonner vie.

Cette passeuse, c’est Léa.


Léa s’adresse au public à la Trans’Occitane

« Je me sens un peu comme une passeuse d’histoires »

C’est ainsi que Léa parle de son métier de comédienne. Et finalement, la formule lui va plutôt bien.

Au théâtre, ce qu’elle aime, c’est faire vivre les histoires des autres, porter leurs paroles sur scène, qu’elles soient intimes, politiques, ou souvent un peu des deux.

Et pour le faire, elle ne s’enferme pas dans une seule forme de théâtre.

Avec la compagnie Fleet of Feet, elle travaille sur des créations où le corps et le mouvement prennent une place importante, parfois très proches de la poésie, en mélangeant théâtre, danse et musique.

Avec la compagnie École Citoyenne, à Toulouse et dans la région, elle explore encore autre chose : le théâtre forum, avec des scènes plus proches de la réalité, qui sont là aussi pour faire réagir, échanger et ouvrir le débat.

Mais depuis quelque temps, une question l’intéresse particulièrement : comment porter sur scène les paroles des autres ?

Et justement, pour la Trans’Occitane, les Foyers Ruraux du Lot lui apportent une histoire qui va lui permettre d’aller encore un peu plus loin dans cette recherche.

Léa - parole et silence

Faire entendre les voix d’Anglars

À Anglars, des habitants avaient recueilli les témoignages de personnes ayant vécu dans le village dans les années 50. De ce travail était né un ouvrage racontant la vie quotidienne de cette époque.

Léa va partir de ces témoignages pour imaginer une lecture théâtralisée.

Mais avec une règle qu’elle s’impose dès le départ : ne rien inventer.

Elle choisit forcément certains passages, puisqu’il est impossible de tout garder. Elle retravaille les textes, les passe à la première personne et crée ainsi une série de monologues.

Les histoires restent celles des habitants. Les souvenirs restent les leurs.

Mais maintenant, il faut les faire sortir du papier.

Et c’est là que commence véritablement son travail de comédienne.

Comment dire ces mots ? À quel rythme ? Avec quelle force ? Avec combien de souffle dans la voix ? Est-ce que l’on parle au public ou comme si l’on se parlait à soi-même ?

Derrière quelques minutes passées sur scène, il y a tout ce travail que le spectateur ne voit pas forcément.

Léa cherche, essaie, travaille la voix, le débit, le rythme, l’adresse. Parce que son objectif reste le même : donner corps et voix à ces histoires pour qu’elles puissent arriver jusqu’aux oreilles d’autres personnes.


Léa pendant la lecture théâtralisée à la Trans’Occitane

Et le 6 juin, à la Trans’Occitane, elles sont arrivées jusqu’à nous.

Après la lecture, plusieurs personnes viennent échanger avec Léa et lui dire combien ces histoires les ont touchées.

Mais là encore, l’aventure ne s’arrête pas à la Trans’Occitane.

Léa continue à travailler sur le spectacle et, au mois de juillet, les paroles recueillies des années auparavant retrouvent leur village : elle présente le spectacle à Anglars.

Et elle espère maintenant pouvoir l’emmener ailleurs.

Pour continuer, comme elle le dit elle-même, à partager ces paroles.

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