La Clique à Cuq : la musique se joue ensemble

La Clique à Cuq : la musique se joue ensemble

La Clique à Cuq

Pour continuer à faire revivre la Trans’Occitane, cette fois direction le Tarn et le Foyer Rural de Cuq-Toulza.

Ils sont arrivés avec leurs instruments, leur énergie et surtout une sacrée envie de jouer ensemble.

La Clique à Cuq, ce sont aujourd’hui onze musiciennes et musiciens, âgés de 16 à 66 ans. Des parcours différents, des instruments différents, des niveaux différents aussi… mais une même envie : faire de la musique ensemble.

Et derrière la Clique, il y a d’abord une histoire que Markus a bien voulu nous raconter.

Au départ, ils étaient trois…

À l’origine de cet atelier, il y a Mustapha Tizaoui et Markus Lüffe. Le premier est Tarnais de souche, le second d’origine allemande, installé dans le Tarn depuis plus de vingt ans et membre du CA du Foyer Rural depuis une dizaine d’années.

Tous les deux avaient déjà collaboré et partagé la scène dans plusieurs projets musicaux.

« Avec mon ami Mooss, nous avions l’idée et l’envie de proposer un atelier de musique destiné à des musiciens amateurs de tous niveaux qui souhaitaient continuer à évoluer en groupe.

Nous avons commencé à trois à la rentrée 2024. Très vite, le groupe s’est agrandi et, seulement trois mois plus tard, nous avons donné un premier petit concert dans le cadre des Apéros de l’Avent organisés par le Foyer Rural de Cuq-Toulza.

Aujourd’hui, la Clique compte onze membres âgés de 16 à 66 ans.

Le challenge que nous nous sommes donné, c’est de créer de la musique avec un groupe de musiciens très différents et en fonction des instruments présents : clarinette, saxophones, accordéon, chant, guitares et basse électriques, clavier, batterie et percussions.

Même si notre répertoire compte quelques reprises, la majorité des morceaux que nous jouons sont des compositions originales. Quelqu’un arrive avec une idée musicale, une mélodie, un rythme, une ligne de basse ou un texte… Puis on écoute, on se projette, on fait évoluer, on harmonise et on structure.

Pour privilégier et travailler l’écoute, nous avons choisi de ne pas avoir de partitions écrites. Au début, c’était un peu perturbant pour certains musiciens. Nous utilisons plutôt des fiches de structure qui permettent à chacun de trouver et de respecter sa place dans la musique.

Tous nos morceaux contiennent une part d’improvisation. Tout n’est pas figé : l’idée est vraiment de créer et de produire, au-delà de la simple reproduction musicale.

Mais cette part d’improvisation ne peut s’exprimer individuellement que si le groupe réussit à créer collectivement un espace de confiance et de sécurité. Je crois pouvoir dire que nous avons réussi à créer cet espace, où la musique que nous partageons devient synonyme de respect et de bienveillance. »

La Clique à Cuq

Et quand les membres de la Clique en parlent…

Derrière ce fonctionnement, il y a surtout onze personnes, chacune arrivée avec son parcours, son instrument et son histoire.

Nicolas – percussions et batterie

« Un parcours plutôt batterie rock au départ et, en parallèle, le plaisir du jeu collectif en batucada pour la musique brésilienne.

Je me suis tourné petit à petit vers les percussions. J’ai rencontré Markus et Mooss, qui m’ont fait découvrir la Clique, un collectif avec de belles personnes, positives.

C’est toujours un plaisir de venir répéter et de se produire avec le sourire ! »

Sylvie – saxophone alto

« Depuis l’enfance, je baigne dans la musique. Flûte traversière d’abord, puis guitare — c’était plus fun à 16 ans ! — puis saxophone. C’est là que j’ai rencontré Markus.

Il y a eu un premier groupe avec lui et son ami Mooss, puis l’idée de l’atelier impro à Cuq m’a plu.

Au début, nous étions peu nombreux et, petit à petit, d’autres musiciens sont arrivés… Une sacrée bande de joyeux fanfarons, où l’ambiance est toujours sympa, bienveillante et énergique !

La Clique, c’est un sacré antidépresseur, une bouffée d’oxygène, où on aime se retrouver en répétition ou en concert. La musique, c’est du bonheur ! On vient à la Clique toujours avec grand plaisir et on repart plein d’énergie ! »

Jan – bassiste

« Élève de piano depuis l’enfance, je me suis mis au djembé puis à la batterie en arrivant au lycée à Toulouse. Pourtant, c’est la basse et le contre-chant qui m’ont toujours donné le plus de plaisir, à écouter d’abord, puis à jouer, au fil des leçons et des groupes de rock du coin.

La Clique à Cuq amène encore du nouveau, avec le fonctionnement en atelier, la composition par l’improvisation, la section cuivres et vents — un régal — et surtout une joyeuse bande qui s’entend bien. »

Bertrand – clavier

« Ayant consacré l’essentiel de mon temps aux sports de montagne, sur tous les terrains et en toutes saisons, il me restait à m’engager sur l’eau en voilier.

Mais une activité d’expression artistique me manquait. J’ai alors acheté un piano électrique pour le son, mais aussi pour la facilité des notes. Deux ans de tutos, puis besoin de vrais cours pour faire plaisir à autre chose qu’à mes seules oreilles !

Puis la rencontre : Serge, de la Clique, qui me dit : “Viens avec nous.”

Et là, gros, gros défi : jouer en rythme avec les autres.

Toujours en travail… À la Clique, bonne ambiance et en cours ! »

Olivier – guitariste

« Enclin à la musique depuis tout petit, je me souviens de mon tonton qui jouait de la guitare avec des amis certaines soirées.

À mes 13 ans, mon oncle me donnera sa guitare.

Entièrement autodidacte, l’évolution fut longue, avec aussi une grosse période de pause quand j’ai eu mon fils.

C’est bien des années plus tard que ma chère amie Sylvie, musicienne à la Clique, m’a proposé de les rejoindre.

Je n’étais pas trop accroché à l’idée au premier abord, surtout que je ne suis pas un grand guitariste…

Puis vient ma première répétition, et là, ce fut le déClique !

Les deux chansons “Marie Laure” et “The Man”, plus l’ambiance du groupe, m’ont fait tomber amoureux de la Clique à Cuq. »

La Clique à Cuq à la Trans’Occitane

Et la Trans’Occitane dans tout ça ?

« Depuis 2024, la Clique se produit souvent dans le cadre des festivités organisées par le Foyer Rural : lancement des activités, Apéros de l’Avent, Carnaval, Jeudis du Jardin, Fête de la Musique… mais aussi lors de manifestations organisées par d’autres associations locales.

Plus récemment, nous avons animé l’apéritif d’une fête dans un village voisin et une soirée dans une guinguette de Haute-Garonne.

Notre musique ne peut pas vraiment se décrire en un mot. Elle peut être dansante, festive, groovy, mais aussi calme et rêveuse. Ce qui la rassemble, c’est l’énergie que nous transmettons collectivement.

Et c’est lors de la Trans’Occitane que nous est venue l’idée de proposer des concerts dans le réseau des Foyers Ruraux d’Occitanie. Si cela peut intéresser votre Foyer, n’hésitez pas à prendre contact avec nous. »

Voilà, la proposition est lancée !

Et nous, on était bien contents de les avoir avec nous le 6 juin et de partager leur musique et leur énergie.

Alors peut-être à bientôt dans un autre Foyer Rural d’Occitanie ! Pour les joindre : lacliqueacuq81@gmail.com

Des images aux mots… et des mots à la scène

Des images aux mots… et des mots à la scène

Nous avions laissé la FD 46 avec Michel, ses photographies et tous ces petits textes qu’elles avaient fait naître.

Mais à la Trans’Occitane, Anglars avait encore d’autres histoires à raconter.

Cette fois, elles venaient directement de la mémoire de ses habitants. Des souvenirs de celles et ceux qui avaient vécu dans le village dans les années 50, recueillis et rassemblés dans un ouvrage.

Et ces histoires-là, Léa allait leur redonner vie.

Cette passeuse, c’est Léa.


Léa s’adresse au public à la Trans’Occitane

« Je me sens un peu comme une passeuse d’histoires »

C’est ainsi que Léa parle de son métier de comédienne. Et finalement, la formule lui va plutôt bien.

Au théâtre, ce qu’elle aime, c’est faire vivre les histoires des autres, porter leurs paroles sur scène, qu’elles soient intimes, politiques, ou souvent un peu des deux.

Et pour le faire, elle ne s’enferme pas dans une seule forme de théâtre.

Avec la compagnie Fleet of Feet, elle travaille sur des créations où le corps et le mouvement prennent une place importante, parfois très proches de la poésie, en mélangeant théâtre, danse et musique.

Avec la compagnie École Citoyenne, à Toulouse et dans la région, elle explore encore autre chose : le théâtre forum, avec des scènes plus proches de la réalité, qui sont là aussi pour faire réagir, échanger et ouvrir le débat.

Mais depuis quelque temps, une question l’intéresse particulièrement : comment porter sur scène les paroles des autres ?

Et justement, pour la Trans’Occitane, les Foyers Ruraux du Lot lui apportent une histoire qui va lui permettre d’aller encore un peu plus loin dans cette recherche.

Léa - parole et silence

Faire entendre les voix d’Anglars

À Anglars, des habitants avaient recueilli les témoignages de personnes ayant vécu dans le village dans les années 50. De ce travail était né un ouvrage racontant la vie quotidienne de cette époque.

Léa va partir de ces témoignages pour imaginer une lecture théâtralisée.

Mais avec une règle qu’elle s’impose dès le départ : ne rien inventer.

Elle choisit forcément certains passages, puisqu’il est impossible de tout garder. Elle retravaille les textes, les passe à la première personne et crée ainsi une série de monologues.

Les histoires restent celles des habitants. Les souvenirs restent les leurs.

Mais maintenant, il faut les faire sortir du papier.

Et c’est là que commence véritablement son travail de comédienne.

Comment dire ces mots ? À quel rythme ? Avec quelle force ? Avec combien de souffle dans la voix ? Est-ce que l’on parle au public ou comme si l’on se parlait à soi-même ?

Derrière quelques minutes passées sur scène, il y a tout ce travail que le spectateur ne voit pas forcément.

Léa cherche, essaie, travaille la voix, le débit, le rythme, l’adresse. Parce que son objectif reste le même : donner corps et voix à ces histoires pour qu’elles puissent arriver jusqu’aux oreilles d’autres personnes.


Léa pendant la lecture théâtralisée à la Trans’Occitane

Et le 6 juin, à la Trans’Occitane, elles sont arrivées jusqu’à nous.

Après la lecture, plusieurs personnes viennent échanger avec Léa et lui dire combien ces histoires les ont touchées.

Mais là encore, l’aventure ne s’arrête pas à la Trans’Occitane.

Léa continue à travailler sur le spectacle et, au mois de juillet, les paroles recueillies des années auparavant retrouvent leur village : elle présente le spectacle à Anglars.

Et elle espère maintenant pouvoir l’emmener ailleurs.

Pour continuer, comme elle le dit elle-même, à partager ces paroles.

À dix ans, il commence à regarder le monde autrement

À dix ans, il commence à regarder le monde autrement

Cette fois, direction le Lot avec la FD 46 !

Et pour cette fédération, nous allons rester un petit peu plus longtemps, puisqu’il y a deux belles histoires à vous raconter.

On commence avec Michel et une passion qui l’accompagne depuis l’enfance : la photographie.

Son terrain de jeu préféré ? Anglars, son village, ses paysages, ses habitants… et tout ce qui peut accrocher son regard au détour d’un chemin.

Alors pour commencer, partons tout simplement avec lui, son appareil photo à la main.

À dix ans, il commence à regarder le monde autrement

Chez Michel, la photographie est une vieille histoire. Une très vieille histoire même, puisqu’elle commence lorsqu’il a dix ans.

C’est à cet âge-là qu’il découvre le cadrage et la composition. Il ne connaît pas encore forcément tous ces mots, mais il découvre déjà qu’une photo, ce n’est pas simplement ce qu’on a devant les yeux. C’est aussi ce que l’on choisit de mettre dans le cadre, la façon dont on organise les choses, ce que l’on a envie de montrer.

Trois ans plus tard, avec un copain qui possède le matériel, il développe ses premières photos.

Et là, pour les plus jeunes qui n’ont connu que le numérique, il faut imaginer : pas d’écran derrière l’appareil pour vérifier immédiatement si la photo est réussie. Il faut attendre le développement et voir peu à peu l’image apparaître sur le papier.

Michel, lui, se souvient très bien de cette première image. Il dit même qu’elle lui a définitivement « inoculé la passion de la photographie ».

Et le virus était plutôt costaud : six décennies plus tard, il est toujours là !

Depuis, bien sûr, son regard s’est enrichi. Avec la photographie, mais aussi avec le dessin, la peinture, la littérature ou encore la musique. Et puis surtout avec toutes ces heures passées à observer avant de photographier.

Car Michel ne cherche pas forcément l’image spectaculaire. Ce qui peut lui donner envie de déclencher, c’est une expression sur un visage, une lumière, un équilibre… quelque chose qui, à cet instant-là, l’a simplement touché.

Et pour trouver tout cela, il n’a pas forcément besoin d’aller très loin.

Son terrain de jeu préféré, comme il l’appelle lui-même, c’est Anglars, son village dans le Lot. Il l’arpente dans tous les sens, par tous les temps et à toutes les saisons. Il photographie ses paysages, bien sûr, mais aussi ses habitants, qu’il aime saisir au détour d’un chemin ou simplement au hasard d’une rencontre.

Photographie de Michel - Blettes

Il emmène aussi son appareil ailleurs, vers l’Aubrac, la côte Atlantique ou la Bretagne nord. Mais on sent bien, lorsqu’il parle d’Anglars et de ses habitants, qu’il y a là quelque chose d’un peu particulier.

Photographie de Michel - Pierre et lierre

Et si les photos se mettaient à parler ?

Lorsque le Foyer Rural du Bourg lui demande de chercher des photos autour du thème de « La parole en action », Michel va fouiller dans toutes ces images accumulées au fil du temps.

Il en choisit 27.

Mais cette fois, ce n’est plus seulement son regard qui compte. D’autres vont poser le leur sur ses photographies et certaines vont faire naître des mots.

Treize photos inspirent de courts poèmes, parfois même plusieurs pour une seule image.

Photographie de Michel - Bœuf et âne

Michel, au détour d’un chemin, prend une photographie parce que quelque chose l’a touché : une expression, une lumière, un équilibre. Puis quelqu’un d’autre regarde cette image, y voit autre chose, ressent autre chose… et quelques mots viennent se poser dessus.

Une même photographie peut même faire naître plusieurs textes, plusieurs regards, plusieurs façons de la raconter.

Photographie de Michel - Dans ce vieux café

Les images et les textes se retrouvent ainsi ensemble à la Trans’Occitane, puis cet été dans les villages.

Et l’histoire ne s’arrête pas là puisque quatre de ces photos, accompagnées de leurs textes, vont maintenant rejoindre le chemin entre Anglars et Le Bourg, dans le cadre de « CheMain Faisant », une balade où l’on découvre aussi les œuvres d’artistes locaux.

Michel Weber

Mais pour la FD 46, la parole ne s’est pas arrêtée aux photographies de Michel et aux mots qu’elles ont inspirés.

À la Trans’Occitane, d’autres histoires venues d’Anglars ont aussi pris vie. Cette fois, pas à travers une image, mais sur scène, avec Léa.

Et pour découvrir comment des témoignages d’habitants sont devenus une lecture théâtralisée, il faudra donc pousser encore un peu la porte…

La suite arrive très bientôt.

Dessiner pour créer du lien

Dessiner pour créer du lien

Cette fois, direction l’Hérault avec la UDFRA 34… et quelques cases de BD !

Pour la Trans’Occitane, Thomas a choisi de raconter Cessenon-sur-Orb en mêlant histoire, légende et patrimoine local.

Mais derrière cette page de BD, il y a surtout une histoire beaucoup plus personnelle : celle d’un petit garçon pour qui le dessin est devenu une façon d’aller vers les autres.

Alors cette fois, on laisse Thomas nous raconter comment le dessin est entré dans sa vie… et pourquoi il ne l’a plus vraiment quitté.

Je m’appelle Thomas, j’ai 47 ans. J’ai grandi dans un petit village du Gard où nous étions une douzaine d’élèves du CP au CM2, réunis dans une seule salle avec une seule institutrice. Il n’y avait ni poste ni aucun commerce, seulement une boucherie ambulante dans un vieux camion des années 70. Et lorsque je suis arrivé dans le collège de secteur, avec près de 1 000 élèves, le choc a été rude.

Je me suis réfugié dans mon monde intérieur à travers le dessin et c’est devenu un moyen de communiquer, un moyen de me faire des amis. Je pense que c’est pour cela que le dessin a eu autant d’importance dans ma vie depuis cette époque. C’était ma manière de créer du lien entre moi et le monde. Et c’est devenu une partie de mon identité.

Mes études d’arts plastiques au lycée puis à la fac m’ont aussi beaucoup apporté dans l’analyse de l’image, l’histoire des arts et la compréhension du monde.

Cela m’a aussi permis de comprendre les fragilités et les blessures présentes en chacun d’entre nous, c’est aussi ça, être « artiste ». Cela permet une approche plus empathique de l’autre.

C’est une autre part de mon identité : chercher à comprendre l’humain et le monde dans lequel on vit.

Et la matière « historique » prend naturellement sa place dans cette identité que j’ai développée. C’est donc avec plaisir que j’ai travaillé sur des albums de BD historique et de BD documentaire aux éditions Petit à Petit, ou dans des revues jeunesse comme « Arkeo ».

Et depuis quelque temps, je réalise des pages de BD pour les villages de l’Hérault avec le réseau UDFRA34 ou avec l’URFR d’Occitanie.

Pour la Trans’Occitane 2026, j’ai réalisé une page de BD pour le village de Cessenon-sur-Orb, mêlant histoire, légende et patrimoine local.

Ma manière de venir à la rencontre d’un territoire et de ses habitants.

Thomas Balard

Rien n’est écrit d’avance… l’impro entre en scène !

Rien n’est écrit d’avance… l’impro entre en scène !

Et si maintenant on montait sur scène avec la FD 12 (Aveyron) ?

Cette fois, place au théâtre, à l’improvisation… et surtout à une parole qui se construit avec le public.

Avec Lionel Salmon et les comédiennes et comédiens du Théâtre À Contre Voix, le cabaret impro a fait entrer dans le jeu les mots, l’imagination, les rires… et même quelques spectateurs.

Mais derrière le cabaret impro, il y a surtout des femmes et des hommes, une passion du théâtre et cette envie de faire circuler la parole. Alors cette fois, nous laissons la parole à Lionel… et à toute l’équipe.

Lionel Salmon, une vie de paroles

La parole, Lionel Salmon l’a explorée sous bien des formes : dite, chantée, écrite, jouée… mais toujours avec la même envie : la faire vivre et la partager.

Comédien, il a consacré une grande partie de son parcours au théâtre, à la chanson, aux ateliers d’écriture et surtout au théâtre improvisé. Coach durant plusieurs années à la Ligue d’improvisation Maine Anjou (LIMA), il a accompagné matchs et cabarets d’impro, avec cette particularité qui lui tient à cœur : faire entrer le public dans le jeu.

Car dans un cabaret impro, le public n’est pas simplement spectateur. Il propose, suggère, parfois monte sur scène. Sa parole déclenche celle des comédiens. Une parole en entraîne une autre, et l’histoire se construit ensemble.

À son arrivée en Aveyron, Lionel prend contact avec les Foyers Ruraux pour proposer des activités qui rejoignent pleinement les valeurs de l’éducation populaire : ateliers d’écriture, théâtre, improvisation, lectures à haute voix… C’est par Jacques Dalmont, président de la Fédération des Foyers Ruraux de l’Aveyron, qu’il découvre la Trans’Occitane et son thème, « La parole en action ».

Difficile de trouver thème plus proche de son univers.

Avec la compagnie Le Théâtre À Contre Voix, installée à Clairvaux-d’Aveyron, Lionel poursuit aujourd’hui ce travail autour des mots et de la voix : créations théâtrales, écriture au plateau, ateliers d’écriture, lectures gourmandes suivies d’un repas partagé, lectures en balade sur les sentiers de Sénergues, cabarets chansons… Autant de manières différentes de créer des rencontres autour de la parole.

Et bien sûr, il y a le Cabaret Impro.

C’est celui que Lionel et les comédiennes et comédiens de la compagnie ont apporté à Auzeville-Tolosane pour la Trans’Occitane. Sur scène, Lionel était maître de cérémonie, entouré d’Annie, Véronique, Marie-Christine, Sylvie, Myriam, Noreen, Christine et François.

Mais ce jour-là, la scène ne leur appartenait pas complètement : le public aussi avait son mot à dire… et même son rôle à jouer.

Et lorsqu’on demande aux comédiennes ce qu’elles retiennent de cette journée, ce sont finalement leurs mots qui racontent le mieux ce qui s’y est passé.

Noreen :

« J’ai rejoint la Compagnie après une longue interruption dans mon travail de comédienne. Les animations de cabaret impro proposées par Lionel Salmon m’ont permis d’explorer une autre facette du théâtre où la spontanéité et la participation du public donnent une dimension populaire, dans le meilleur sens de ce terme. Le théâtre avec, et non seulement face au public peut redynamiser des communautés et participer à créer une culture pour tous. »

Myriam :

« Au moment où sur la scène, j’ai traduit le gromelot de ma partenaire de jeu, ma parole était libre et mon imagination se déversait avec fluidité. La parole remplaçait le charabia, révélait les mensonges, rompait le silence, nous rendait humains.

Ce fut un instant de joie-de-vivre-ensemble, rendu possible par la qualité d’écoute de l’assemblée réunie ce jour-là.

De la première contribution de la matinée, un film dystopique créé par des jeunes, aux dernières interventions de la soirée, récits, lectures, témoignages, photos, jeux d’écriture ou d’extérieur, et enfin auberge espagnole, cette rencontre régionale m’a touchée par son authenticité. »

Véronique :

« Ce fut une journée très agréable, nous étions tous à l’écoute les uns des autres. La parole servait de lien dans nos échanges précieux. »

Sylvie :

« Ce fut une très belle expérience, pour des novices, un bel échange avec un public très investi, et surtout de belles rencontres. Je me suis bien amusée. »

Christine  :

« Journée fort agréable, je me suis régalée et beaucoup amusée. À renouveler. »

Annie :

« Super contente de cette journée toulousaine aux multiples facettes qui nous a permis de découvrir plein d’initiatives culturelles. »

Marie-Christine :

« Ce fut un honneur pour moi de rejoindre la capitale occitane pour les rencontres des Foyers Ruraux. J’ai apprécié les différentes présentations des différents Foyers et je me suis rendu compte de la richesse qu’ils pouvaient constituer dans notre monde rural. Quant à notre intervention aveyronnaise, je me suis régalée à partager avec le public les délices de l’improvisation. Ce fut pour moi une belle expérience théâtrale. »

Quand le graff prend la parole

Quand le graff prend la parole

Pour continuer à faire revivre avec vous les beaux moments de la Trans’Occitane, place cette fois à la couleur, au graff… et surtout à deux artistes : Jérémy « Hilare » et Régis « Reg ».

Autour du thème « La parole en action », ils ont proposé tout au long de la journée un atelier ouvert à tous, où chacun pouvait essayer, participer, laisser quelques mots, quelques couleurs ou simplement partager un moment.

Et de tous ces échanges est aussi née une grande fresque en quatre panneaux. Une fresque imaginée pour ne pas s’arrêter à cette journée, mais pour poursuivre l’aventure et voyager, elle aussi, de Trans’Occitane en Trans’Occitane.

Mais cette journée, ce sont encore Jérémy et Reg qui en parlent le mieux. Alors cette fois, c’est à eux que nous laissons la parole.

Quand j’ai fondé récemment l’association Ultra Muros, j’avais à cœur de mettre mon expérience professionnelle d’artiste peintre et street artiste, démarrée en 2012, au service des autres dans un cadre plus convivial et souple.

Avec des amis artistes amateurs ou professionnels, nous voulions promouvoir l’activité culturelle au sens large à travers des ateliers participatifs tournés vers l’initiation inclusive et intergénérationnelle d’un large public.

Si j’assure naturellement les bases graphiques, le cœur de mon projet se situe dans l’échange et le partage d’un moment pictural adapté au niveau de chacun, et dans la volonté de représenter cet accueil au travers d’une trace visuelle qui va perdurer dans le temps, en y attachant des souvenirs pour les participants ou des réactions pour les observateurs.

C’est tout naturellement que nous avons répondu à l’invitation de participer à la Trans’Occitane organisée par l’Union régionale des Foyers Ruraux d’Occitanie, pour représenter notre département, le Gard, puisque nous partageons avec les Foyers Ruraux les valeurs et les idées issues de l’éducation populaire.

J’avais personnellement accompagné la Fédération des Foyers Ruraux du Gard lors des deux premières éditions du festival « Parole en Fête », avec des ateliers participatifs également. C’est toujours pour moi un plaisir de collaborer à leurs actions sur le territoire.

Avec Régis Rodier, dit « Reg », artiste adhérent de l’association, nous avons donc pris le chemin d’Auzeville-Tolosane pour mettre en place un atelier graffiti en fil rouge sur une journée.

Le point de départ de la peinture participative s’articulait autour du visuel de l’événement et du thème « La parole en action ». L’enjeu étant surtout de se fondre dans le lieu et de créer du lien avec les différentes personnes présentes, nous avons donc beaucoup échangé et essayé de faire le lien avec les nombreuses activités proposées.

Nous avons pu mettre en place une initiation libre à la peinture à la bombe dans un premier temps, puis des activités d’écriture au marqueur acrylique et au pinceau, ainsi que le volet graff sur la fresque participative. Chaque personne volontaire était invitée à s’exprimer, expérimenter ou se perfectionner dans la parole, le geste ou les couleurs sur des œuvres collectives.

Reg : « Une longue et belle journée de rencontres et de partage. Mon grand coup de cœur a été avec la doyenne, Jacqueline, 93 ans, avec qui nous avons énormément échangé : rires, émotions, expériences de vie. Une femme inoubliable dans une journée inoubliable. »

Pour ma part, j’ai eu une tendresse particulière pour ces parenthèses suspendues autour des langues régionales (patois, catalan et occitan), qui sortaient complètement de l’aspect atelier pour ouvrir sur des histoires toutes personnelles entre les participants et leur rapport au langage rural.

Au-delà du résultat qui, je pense, parle de lui-même, je retiens ce sentiment de synergie collective qui s’est créé tout au long de la journée et qui a fait de cet événement, à mon sens, une belle réussite.

Fauth Jérémy, dit « Hilare »
Artiste peintre
Président de l’association Ultra Muros