De l’occitan à la Trans’Occitane: Ma parole d’oc

13 octobre 2026

Pour Mesmin Béragnes, l’occitan n’est pas simplement une langue régionale. C’est celle de son enfance, des échanges à la campagne, des rencontres et de toute une vie d’engagement dans le monde rural.

Entre souvenirs de famille, anecdotes parfois savoureuses et convictions personnelles, Mesmin nous raconte comment cette langue a accompagné son parcours, jusqu’à inspirer le nom de la Trans’Occitane.

Mais cette histoire, c’est encore lui qui la raconte le mieux. Alors, laissons lui la parole…

Mesmin Béragnes

 

Ma parole d’oc

La langue d’oc, qu’on appelait dédaigneusement « le patois », a accompagné mon enfance et m’a permis de découvrir les premiers outils concr

ets de la vie. C’était, au double sens du terme, ma langue maternelle, car elle était parlée presque exclusivement par ma maman, qui la pratiquait à merveille quand elle m’admonestait.

Ma langue paternelle était le français, parlé par mon papa pour désigner les choses de la vie. Et côté perception de l’autorité, c’était un peu moins chantant.

En présentant l’occitan au baccalauréat et en ramenant un 15 sur 20, je mettais mon patois d’enfance au niveau universitaire. Ça méritait de venir à Toulouse pour ça !

J’ai toujours pratiqué l’occitan, jusque dans les discussions de foire, puis d’affaires, à la campagne. Quasiment tout le monde parlait occitan et les conclusions étaient plus faciles à obtenir dans cette langue.

Je me souviens d’avoir réglé un litige de cotisations sociales au téléphone, en occitan, avec un Ariégeois qui m’appelait de l’URSSAF et qui le pratiquait à merveille. L’entente fut rapide et la solution vite trouvée.

Cette double culture fut une richesse qui m’accompagne au quotidien.

Quand je cherche le mot juste en français, c’est le mot précis en occitan qui arrive, car la langue occitane est beaucoup plus riche en nombre de mots que le français. Alors, il ne me reste plus qu’à me traduire.

Mesmin à la Trans'Occitane

Le fait d’avoir toujours pratiqué mes deux langues au quotidien a façonné chez moi un désir entretenu d’indépendance, favorable au doute et à la réflexion, comme les deux plateaux d’une même balance, pareils et différents.

Mais la langue d’oc a toujours gardé ma préférence. C’était la langue des champs, du mouvement rural, et ce vécu a orienté mes engagements pour ce milieu rural auquel je suis fidèle. Les Foyers Ruraux et l’aide à domicile en milieu rural sont de mes marqueurs occitans.

En choisissant « Trans’Occitane » comme nom de ralliement à l’action de l’Union régionale des Foyers Ruraux, c’était faire honneur à la langue d’oc et contribuer à sa réappropriation culturelle, comme un équilibre face à la désertification des services non urbains.

On pourrait dire que ce fut un choix militant et culturel.

Mesmin Béragnes

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